Nos revendications ! đŸ„

Axes revendicatifs

Contexte

France Travail (ex-PĂŽle emploi) a Ă©tĂ© créé dans le but de rĂ©duire les dĂ©penses publiques (RGPP) et afin d’opĂ©rer des coupes sombres dans les budgets de la protection sociale. De fait, France Travail (ex-PĂŽle emploi) contribue donc Ă  la destruction du Service Public de l’Emploi (SPE) et de la protection sociale.  C’est pourquoi la CGT France Travail, avec la confĂ©dĂ©ration, revendique :

  • la dissolution de PĂŽle emploi et la crĂ©ation d’un vĂ©ritable SPE avec pour missions le conseil Ă  l’emploi, l’orientation et la formation (en lien avec l’AFPA et l’éducation nationale), s’adressant aux demandeurs d’emploi et aux salariĂ©s en activitĂ©.
  • une indemnisation pour tous les salariĂ©s privĂ©s d’emploi, ce systĂšme d’indemnisation devant relever de la protection sociale, gĂ©rĂ© par les salariĂ©s.

La concrétisation de cette revendication passe au préalable par :
– un nĂ©cessaire Ă©tat des lieux de la situation actuelle du SPE dans toutes ses dimensions
– une renĂ©gociation de la convention tripartite et du plan stratĂ©gique de France Travail
– une clarification du statut de France Travail
– une indemnisation pour tous les salariĂ©s privĂ©s d’emploi, versĂ©e par France Travail sous la responsabilitĂ© de l’Assurance chĂŽmage ce systĂšme d’indemnisation devant relever de la protection sociale

Cela ne se fera pas sans revendiquer fermement le respect et l’acquisition des droits des personnels de France Travail, la reconnaissance, l’évolution et le renforcement de nos mĂ©tiers ainsi que la mise en Ɠuvre de conditions de travail et d’exercice de nos mĂ©tiers permettant de mener Ă  bien nos missions.

 

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La CGT France Travail BFC revendique :

A/ Besoins des usagers

  1. Garantir l’égalitĂ© d’accĂšs et de traitement aux usagers : La CGT revendique une densification du rĂ©seau dans des locaux adaptĂ©s de maniĂšre Ă  ce que tous les services soient rendus sur site au plus prĂšs des usagers. Que chaque DE puisse ĂȘtre reçu Ă  sa demande, l’arrĂȘt de la segmentation, l’arrĂȘt des radiations sanctions avec le retour Ă  de vĂ©ritables voies de recours en matiĂšre de gestion de la liste, et la fin de l’offre raisonnable d’emploi (ORE).
  2. Rendre un service de qualité : la CGT revendique une organisation et des qualifications du personnel qui assurent l’accessibilitĂ© et le traitement complet de la demande quel que soit le mode choisi  par l’usager. Pour ce faire, la CGT France Travail exige les moyens permettant de rendre un service de qualitĂ© aux travailleurs privĂ©s d’emploi et aux entreprises, en particulier en assurant 2 files distinctes Ă  l’accueil (indemnisation et conseil) ainsi que le retour  Ă  2 entretiens distincts : indemnisation et accĂšs Ă  l’emploi.
  3. DĂ©velopper un SystĂšme d’Information fiable, conçu en interne par des personnels de France Travail, en limitant au maximum la sous-traitance.
  4. Combattre la marchandisation du placement, de la formation, de l’orientation et de l’indemnisation des travailleurs privĂ©s d’emploi en accord avec la proposition confĂ©dĂ©rale.
  5. Obtenir que soit confiĂ© Ă  France Travail le monopole du rapprochement de l’offre et de la demande d’emploi et que soit mise en Ɠuvre l’obligation du dĂ©pĂŽt d’offre Ă  France Travail.

B/ Revendication pour les personnels

Afin d’assurer les missions  qui leurs sont confiĂ©s, les agents qu’ils soient de droit privĂ© ou de droit public ont besoin de garanties nĂ©cessaires d’indĂ©pendance. Ils doivent avoir des protections leur permettant de refuser d’exĂ©cuter les ordres contraires au droit, de les protĂ©ger vis-Ă -vis des influences extĂ©rieures indues et des changements de gouvernement ainsi que bĂ©nĂ©ficier d’une stabilitĂ© de l’emploi nĂ©cessaire Ă  cette indĂ©pendance. Nos revendications visent l’intĂ©gration de mesures concrĂštes dans la CCN et le statut tout en combattant les obligations particuliĂšres que la direction veut intĂ©grer dans le rĂšglement intĂ©rieur.

Les garanties d’indĂ©pendance sont matĂ©rialisĂ©es dans le statut public, notamment par le dĂ©roulement de carriĂšre automatique. C’est dans cette logique que la CGT France Travail BFC a combattu le droit d’option. C’est pourquoi un droit d’option pour le statut public accompagnĂ© du maintien des rĂ©munĂ©rations et des avantages individuels acquis devrait ĂȘtre ouvert Ă  ceux qui le souhaitent.

1.Recrutement :
-Ouverture de nĂ©gociation pour un processus de recrutement par concours transparent et contrĂŽlable pour les IRP ainsi que l’ouverture d’une voie de recrutement pour les salariĂ©s non diplĂŽmĂ©s.
-Embauches en CDI pour assurer l’intĂ©gralitĂ© des missions et un service public de qualitĂ© Ă  hauteur de l’augmentation gĂ©nĂ©rale du chĂŽmage.
-Création de postes en CDI de conseillers Gestion des Droits.
-CrĂ©ation de postes d’équipiers mobiles en CDI pour assurer les remplacements.

2. Salaires et traitements:
–pour les agents de droit privé : lors des NAO, une nĂ©gociation en niveau et non en masse salariale avec pour base minimum d’augmentation une revalorisation du point salaire et de la partie fixe du salaire.
–Pour les agents publics, la bataille salariale porte sur la revalorisation du point d’indice fonction publique et la reconstruction de la grille fonction publique, ainsi que l’égalitĂ© de traitement au sein de France Travail (ex-PĂŽle Emploi)

3.Temps de travail:
-Non aux pointages effacĂ©s et au « travail gratuit »: quand un agent est contraint de s’absenter en cours de journĂ©e pour cause de malaise, agression, intoxication ou autre Ă©vĂ©nement affectant sa santĂ©, son pointage dĂ©jĂ  effectuĂ© est carrĂ©ment effacĂ©, les heures travaillĂ©es ne sont pas recrĂ©ditĂ©es sur les compteurs. La CGT exige la fin de cette pratique.
-Abolition des retraits de salaires pour cause de débit GTT.

4. Promotion et classification :
Lors de la nĂ©gociation sur les classifications intĂ©gration de modalitĂ©s de dĂ©roulement automatique de carriĂšres et  garantie d’accĂšs aux formations qualifiantes.
-Maintien de la distinction des mĂ©tiers permettant aux agents de mener Ă  bien leurs missions diffĂ©rentes notamment concernant les missions socles de France Travail : conseil Ă  l’emploi, orientation et indemnisation ainsi que les filiĂšres spĂ©cifiques et indispensables au bon fonctionnement de l’établissement (informatique, fonctions supports). Refus de la crĂ©ation d’une filiĂšre « management ».
-Pour les agents publics, respect et l’amĂ©lioration des dispositifs du statut 2003 en matiĂšre d’accĂšs  aux Ă©preuves de promotion et une augmentation des postes ouverts permettant une vĂ©ritable Ă©volution de carriĂšre pour tous les niveaux d’emplois.

5.Mouvement des personnels: arrĂȘt des mobilitĂ©s forcĂ©es. Avis prĂ©alable des CPLU sur toutes demandes de mutation y compris sur les mouvements locaux. Respect d’un vrai droit Ă  la mutation Ă  l’initiative de l’agent pour tous les niveaux d’emploi et toutes les filiĂšres et mise en place de 4 mouvements nationaux par an, a minima. Mise en place de 4 rĂ©unions spĂ©cifiques DP permettant d’assurer le respect des dispositifs conventionnels, information exhaustive et rĂ©guliĂšre de toutes les candidatures parallĂšlement aux CPLU. Retour du droit d’appel en CPN pour les agents publics.

6. Protection individuelle : renforcement des pouvoirs de la commission 39 et des CPN en particulier contre les licenciements. Droit pour tout agent d’ĂȘtre accompagnĂ© par un reprĂ©sentant du personnel lors d’un entretien hiĂ©rarchique.

7.Temps de travail : concourir Ă  la revendication confĂ©dĂ©rale des 32h de travail/semaine, arrĂȘt du recours aux heures supplĂ©mentaires, fin des heures Ă©crĂȘtĂ©es. Maintien des cotisations retraite Ă  taux plein pour les agents Ă  temps partiel

8. PrĂ©retraite progressive pour les agents de droit privĂ© et public en fin de carriĂšre avec maintien de la rĂ©munĂ©ration et accessoires et compensation mĂ©canique du temps libĂ©rĂ©. RenĂ©gociation et extension d’un accord senior Ă  l’ensemble des statuts.

9. Protection sociale : retour Ă  la cotisation chĂŽmage pour tous les agents de droit privĂ©, extension de la sur-complĂ©mentaire (art. 48-retraites complĂ©mentaires) pour tous les agents. AmĂ©lioration des dispositifs conventionnels et rĂ©glementaire en matiĂšre de complĂ©ment de rĂ©munĂ©ration en cas d’arrĂȘt de travail.

10. Fin de la prĂ©caritĂ© Ă  France Travail : Mise en place d’un plan de rĂ©sorption de la prĂ©caritĂ© Ă  France Travail. Embauches en CDI. Fin du recours aux CUI qui doivent faire l’objet d’un accompagnement rĂ©el et performant de la part de PĂŽle Emploi vers l’emploi pĂ©renne Ă  temps plein. La CGT propose la mise en place d’équipes mobiles ou unitĂ©s volantes en lieu et place des CDD de remplacements.

11. DĂ©ontologie : Pour les agents dont la profession est rĂ©gie par un code de dĂ©ontologie (Psychologues, assistantes sociales), la mise en place par France Travail de conditions d’exercices leur permettant de le respecter.

12. CarriĂšre : La CGT s’oppose Ă  tous les dispositifs d’individualisations, de notation, d’évaluation des carriĂšres, tel que l’EPA dans sa conception actuelle, qui conduisent  Ă  dĂ©structurer les garanties collectives et dont les consĂ©quences humaines sont nĂ©fastes pour la santĂ© au travail. La CGT s’oppose Ă  tout dĂ©tournement des logiciels de contrĂŽle d’activitĂ© Ă  des fins d’évaluation individuelle. La CGT revendique l’intĂ©gration dans la CCN de critĂšres objectifs pour garantir une Ă©volution de carriĂšre automatique pour chaque agent. La CGT revendique une Ă©volution de carriĂšre tenant compte de la totalitĂ© du parcours professionnel, une veille permanente afin d’assurer une Ă©galitĂ© de carriĂšre et lutter contre toute forme de discrimination. Garantir une vĂ©ritable transparence en matiĂšre de promotion et de dĂ©roulement de carriĂšre par une information complĂšte des reprĂ©sentants du personnel.

13. Formation permettant aux agents de continuer Ă  maitriser leurs technicitĂ©s. Assurance de formation professionnelle qualifiante permettant l’accĂšs aux niveaux d’emploi supĂ©rieur. AccĂšs Ă  l’emploi aux personnes sans qualification mais Ă©galement que celles-ci puissent accĂ©der Ă  des formations interne qualifiantes reconnues permettant une Ă©volution de carriĂšre. Reconstruction d’une formation initiale permettant la maitrise par l’agent de sa qualification.

14. Activités sociales et culturelles : la CGT revendique :
– Une dotation de 3,5% de la masse salariale
– Le droit aux vacances pour tous
– Un principe de solidaritĂ© avec prise en compte des revenus et de la composition du  foyer pour l’attribution des aides
– CrĂ©ation d’un niveau de mutualisation au niveau national relevant du CCE en lien avec les CE

15. Annulation de la note régionale sur le développement durable et le paiement intégral des frais professionnels de transport quel que soit le mode de transport utilisé.

16. Respect par l’Etablissement du statut 2003 et de la CNN, ainsi que des accords locaux et nationaux.

C/ Droit syndical et respect des Instances Représentatives du Personnel

Le respect des droits des agents, l’amĂ©lioration des conditions de travail et le droit des usagers ne sont possibles que si les organisations syndicales et les IRP sont correctement informĂ©es et ont les moyens d’agir.

1. Clarification de la pleine compĂ©tence de l’inspection du travail sur le champ des relations collectives du travail et sur le champ des droits individuels des agents de droit privĂ©.

2. CCE et CE application de l’intĂ©gralitĂ© des prĂ©rogatives prĂ©vues par le code du travail : consultation sur le fond et la mise en Ɠuvre des projets, actuellement limitĂ©e Ă  la seule mise en Ɠuvre.

3. Election au CA de France Travail de 2 membres titulaires et de 2 suppléants représentant les agents, avec voix consultatives.

4. PrĂ©sentation de tout avis du CCE par son secrĂ©taire aux membres du CA de PĂŽle emploi avant qu’ils prennent leur dĂ©cision.

5. Droit de blocage des IRP sur la mise en Ɠuvre des projets de gestion de France Travail semblant nĂ©fastes pour les personnels.

6. CrĂ©ation d’une instance nationale CHSCT Ă©lue par l’ensemble des agents. Renforcement des moyens des CHSCT (locaux spĂ©cifiques, augmentation du nombre d’élus). NĂ©gociation d’un accord « santĂ© au travail » incluant la prĂ©vention de risques professionnels.

7.CrĂ©ation d’une commission paritaire de veille et de lutte contre les discriminations quelles qu’elles soient : hommes/femmes, agents publics/agents privĂ©s, discrimination syndicales, etc.

8.Un véritable rÎle de la médecine du travail et de prévention par le respect entre autre du tiers temps. Instauration de médecins coordinateur sur chaque établissement et au niveau national.

9.Défense et extension des organismes consultatifs pour les agents publics.

D/ Vie syndicale:

La CGT France Travail s’engage Ă  renforcer les liens avec les comitĂ©s CGT des privĂ©s d’emploi, avec l’interpro notamment dans le dĂ©bat de la politique publique de l’emploi et de l’indemnisation du chĂŽmage en lien avec la reconquĂȘte de la protection sociale.

E/ Relai des revendications nationales de nos fédérations et Confédération:

1. revalorisation du point d’indice Fonction Publique,

2. mise Ă  contribution des revenus financiers au financement des retraites,

3. départ possible en retraite à 60 ans à taux plein,

4. retraite basées sur les dix meilleures années dans le privé et les 6 derniers mois dans le Public,

5. la prise en compte des annĂ©es d’études, de prĂ©caritĂ© et de chĂŽmage, de maladie et de
maternité,

6. retraite minimale Ă  1700 euros par mois,

7. indexation des retraites sur l’évolution du salaire moyen.

A la CGT France Travail BFC nous dénonçons :

 

  • Une organisation du travail basĂ©e sur le contrĂŽle et la pression sur les rĂ©sultats,

  • Une individualisation des carriĂšres, des salaires, des activitĂ©s, qui gĂ©nĂšre une instabilitĂ© professionnelle et conduit Ă  des solutions de repli et d’isolement de la part des collĂšgues,

  • Une gestion des personnels qui ne respecte ni la CCN, ni le statut public. Elle contribue Ă  augmenter le sentiment de ne pas ĂȘtre considĂ©rĂ© et reconnu professionnellement,

  • La classification  met Ă  mal non seulement les qualifications mais aussi le dĂ©roulement de carriĂšre. Les rĂ©sultats des nĂ©gociations de la NAO-Salaires n’ont fait qu’entĂ©riner la baisse du pouvoir d’achat depuis la fin de la pĂ©riode d’option en dĂ©cembre 2010.

 

C’est cette violence institutionnelle envers les agents que nous devons combattre.

Pour nous donner les moyens de rĂ©sister Ă  cette violence et la contrecarrer, il nous faut remettre du collectif lĂ  oĂč rĂšgne l’individualisme